[Justice pour le vivant] Victoire historique pour la biodiversité : l’État condamné à réformer ses protocoles d’évaluation et d’autorisation des pesticides !

Communiqué de presse, Paris, le 3 septembre 2025

C’est une véritable révolution dans la lutte contre les pesticides : le 3 septembre 2025, la Cour administrative d’appel (CAA) de Paris a enjoint à l’État de réformer ses protocoles d’évaluation et d’autorisation des pesticides, jugés défaillants, afin de les aligner sur les connaissances scientifiques actuelles. Dans le cadre du dossier Justice pour le Vivant (JPLV), porté depuis 2022 par Notre Affaire à Tous, POLLINIS, Biodiversité sous nos pieds, ANPER-TOS et l’ASPAS, la CAA confirme la condamnation de l’État français pour sa responsabilité dans l’effondrement de la biodiversité. Dans un contexte marqué par l’adoption de la loi Duplomb, et ce malgré une mobilisation citoyenne massive, cette décision consacre une victoire majeure de la science et de toutes celles et ceux – victimes, associations et collectifs – qui alertent depuis des années sur la dangerosité des pesticides. Inédite à l’échelle européenne, elle pourrait désormais ouvrir la voie à des actions similaires dans d’autres pays membres de l’Union.

Lien vers les arrêts CAA Paris : https://paris.cour-administrative-appel.fr/Media/mediatheque-caa-paris/documents/2025/arret-pesticides

Crédit photo : Philippe Besnard

Deux ans après la première condamnation de l’État, le 29 juin 2023, pour sa responsabilité dans la contamination massive des écosystèmes par les pesticides, la cour administrative d’appel de Paris reconnaît à nouveau la « contamination généralisée, diffuse, chronique et durable des eaux et des sols par les produits phytopharmaceutiques ». 

Suivant les conclusions de la rapporteure publique, la cour ordonne à l’État d’actualiser les protocoles d’évaluation et d’autorisation des pesticides insuffisamment protecteurs du vivant, ainsi que de revoir les autorisations de mise sur le marché (AMM) actuellement en vigueur d’ici 24 mois, et pour lesquelles la méthodologie d’évaluation n’aurait pas été conforme aux exigences notamment du principe de précaution. Principe qui « impose aux États membres de procéder à « une évaluation globale fondée sur les données scientifiques disponibles les plus fiables ainsi que les résultats les plus récents de la recherche internationale » (§29 p.14). Elle enjoint également à l’État d’établir dans les six mois prochains un calendrier de révision des AMM concernées

Concrètement, la cour reconnaît des failles dans la procédure d’évaluation et d’autorisation de mise sur le marché conduite par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) sous la responsabilité de l’État. Reconnaissant un lien de causalité direct entre les insuffisances de l’évaluation des risques et le déclin de la biodiversité, elle considère qu’il est établi qu’une actualisation des procédures à l’aune des connaissances scientifiques les plus récentes permettrait de réduire les impacts sur l’environnement des pesticides. 

Pour les associations requérantes, cette décision est plus qu’historique :

“C’est une véritable révolution juridique et scientifique ! Dans un contexte d’attaques constantes contre l’environnement, et alors que le Parlement vient de voter la mortifère loi Duplomb, la justice réaffirme son rôle de contre-pouvoir en mettant un coup d’arrêt à la politique désastreuse de nos décideurs en la matière. C’est une décision qui va tout changer : dans les pratiques agricoles, les politiques publiques, et la façon dont l’État considère enfin la santé et l’environnement. Elle est le fruit d’un combat de longue haleine, porté par des scientifiques, des associations, des citoyens et citoyennes mobilisé·e·s partout en France — une véritable victoire collective qui s’inscrit dans un large mouvement militant. Le gouvernement doit désormais tout mettre en œuvre pour respecter cette décision de justice. Il en va de la sauvegarde de la biodiversité, de la santé publique, mais aussi du principe même d’État de droit.”

Nous appelons l’État, désormais condamné à deux reprises, à ne pas se pourvoir en cassation et à respecter enfin cette décision de justice. S’il décidait malgré tout de poursuivre la procédure, ce serait malheureusement l’ultime preuve que l’État est prêt à tout pour continuer à protéger les intérêts des industriels de l’agrochimie, malgré leurs impacts désastreux sur l’ensemble du vivant. Ce choix irait une fois de plus à l’encontre de l’intérêt général et de la volonté largement exprimée par les citoyen·ne·s, qui attendent une politique réellement ambitieuse de réduction de l’usage des pesticides les plus dangereux.

Nous nous tenons à la disposition du gouvernement afin de l’accompagner dans la mise en œuvre de cette décision de justice. Des premières mesures concrètes peuvent être immédiatement déployées, notamment : 

  • Actualiser les procédures d’évaluation des risques des pesticides en les mettant en conformité avec les protocoles scientifiques de l’EFSA de 2013 ;
  • Renforcer l’indépendance de l’Anses en lui confiant davantage de moyens humains et financiers ;
  • Réévaluer les autorisations de mise sur le marché des fongicides SDHI et des insecticides et herbicides dont les dangers pour la biodiversité et l’humain sont documentés.

Contacts presse

Notre Affaire à Tous – Emilien Capdepon, chargé de campagnes : 
emilien.capdepon@notreaffaireatous.org

POLLINIS – Hélène Angot, chargée de communication :
helenea@pollinis.org

Biodiversité sous nos pieds – Dorian Guinard, porte parole :
biodiversitesousnospieds@gmail.com

[Justice Pour Le Vivant] Nouvelle victoire : une étape de plus vers une décision historique pour la biodiversité ! 

Communiqué de presse, Paris, le 06/06/2025 – Ce vendredi 6 juin marque un tournant dans le dossier Justice pour le Vivant (JPLV), porté par les associations Notre Affaire à Tous, POLLINIS, Biodiversité sous nos pieds, ANPER-TOS et l’ASPAS depuis 2022 : la rapporteure publique a demandé aux juges de condamner l’Etat pour sa responsabilité dans l’effondrement de la biodiversité, et point historique, recommande d’ordonner à l’Etat d’actualiser les protocoles d’évaluation des pesticides jugés défaillants.

Deux ans après la première condamnation de l’Etat, le 29 juin 2023, pour sa responsabilité dans la contamination massive des écosystèmes par les pesticides, la cour administrative d’appel de Paris pourrait reconnaître à nouveau l’existence du préjudice écologique que l’Etat doit réparer. 

La rapporteure publique recommande “qu’il soit enjoint à l’Etat de mettre en œuvre une évaluation des risques sur les espèces non-cibles dans le cadre de la procédure d’autorisation de mise sur le marché (AMM)” des pesticides. Elle demande même qu’il soit procédé à l’examen des AMM problématiques actuellement en vigueur. 

Concrètement la rapporteure reconnaît des failles dans la procédure d’évaluation et d’autorisation de mise sur le marché conduite par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) sous la responsabilité de l’Etat. Reconnaissant un lien de causalité direct entre les insuffisances de l’évaluation des risques et le déclin de la biodiversité, elle considère qu’il est établi qu’une actualisation des procédures à l’aune des connaissances scientifiques les plus récentes permettrait de réduire les impacts sur l’environnement des pesticides. 

La rapporteure refuse cependant de reconnaître le caractère contraignant des objectifs de réduction des pesticides des plans Ecophyto admettant ainsi ce que dénoncent les associations depuis longtemps : ils  relèvent davantage de la communication politique que d’une stratégie environnementale sérieuse.

Plus inquiétant néanmoins, à rebours de la décision du tribunal administratif en 2023, la rapporteure refuse de reconnaître une faute dans l’obligation de l’Etat de protection des eaux. Les avocats des associations ont ainsi rappelé dans leurs plaidoiries que la Commission européenne (1) établit elle-même que la France ne pourra pas tenir ses objectifs de protection des eaux souterraines d’ici 2027 conformément à la Directive cadre sur l’eau. 

A noter que contrairement à l’audience de première instance tenue il y a deux ans, le gouvernement, représenté par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation s’est déplacé, sans toutefois daigner plaider son cas. Laissant une nouvelle fois Phytéis le défendre, au cours d’une plaidoirie fondée sur une stratégie du doute.

Dans un contexte d’attaques constantes contre l’environnement, comme en témoigne notamment la proposition de loi Duplomb actuellement débattue au Parlement – qui vise entre autres à réintroduire les néonicotinoïdes et à affaiblir l’indépendance de l’ANSES – ces conclusions pourraient amener à une nouvelle décision historique et mettre un coup d’arrêt à la politique mortifère du gouvernement en la matière. 

Nous nous dirigeons vers une victoire historique pour la biodiversité et l’ensemble du vivant ! Une décision qui pourrait tout changer : dans les pratiques agricoles, les politiques publiques, et la façon dont l’Etat considère enfin la santé et l’environnement. Elle est le fruit d’un combat de longue haleine, porté par des scientifiques, des associations, des citoyens et citoyennes mobilisé·es partout en France — une véritable victoire collective qui s’inscrit dans un large mouvement militant.”, se félicitent les associations.  

La décision de la cour administrative d’appel sera rendue publique avant mi-juillet. 


Notes

(1)  https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=SWD%3A2025%3A15%3AFIN&qid=1738746144581

Contact presse

Notre Affaire à Tous – Emilien Capdepon, chargé de campagnes : emilien.capdepon@notreaffaireatous.org

POLLINIS – Hélène Angot, chargée de communication : helenea@pollinis.org

Biodiversité sous nos pieds – Dorian Guinard, porte parole : biodiversitesousnospieds@gmail.com

AGRI’ VÉLO TOUR [aout 2025] Des glaciers à l’océan à vélo pour interpeller sur l’impact des pesticides sur la biodiversité

août 9, 2025 août 24, 2025

L’AGRI’ VÉLO TOUR EST DE RETOUR

1000 km de vélo pour interpeller l’État sur l’impact des pesticides sur la biodiversité !

En aout 2025, l’Agri Vélo Tour traversera la France en suivant le chemin de l’eau, des glaciers à l’océan, de la Girose à l’Atlantique, à la rencontre des agriculteurs et des agricultrices.

En dévalant les vallées et les bassins versants, l’eau se chargent progressivement des pesticides déversés par l’agriculture conventionnelle. Cette contamination reflète les choix destructeurs d’un système agro-industriel qui empoisonne nos rivières, nos sols, notre biodiversité et notre santé.

Conférences et événements en chemin

Face à la multiplication des reculs environnementaux et aux détricotages du droit de l’environnement, que pouvons-nous faire ?

Depuis 2020, BSNP mobilise le droit pour protéger la biodiversité. D’un côté, les nombreux reculs environnementaux impactent directement nos capacités d’action. Mais d’un autre, les décisions que nous obtenons permettent de lutter contre ces reculs, avec toujours comme ambition de faire progresser le droit de l’environnement vers un cadre plus protecteur pour le vivant.

En partant du recours Justice pour le vivant, du recours contre Ecophyto 2030 et d’une analyse de la loi Duplomb, cette conférence permet de comprendre pourquoi l’État est responsable de l’effondrement de la biodiversité par ses lacunes dans la régulation des pesticides ; comment il aggrave la situation par des décisions toujours plus irrationnelles face à l’urgence écologique ; et comment le droit peut encore être mobilisé pour lutter contre ces reculs environnementaux.

09/08 – 10h – Conférence de presse au départ de La Grave

Plus de détails à venir

09/08 – 19h – Conférence à Grenoble, au Minimistan

21/08 – 17h – Conférence à Toulouse, à Sciences Po, amphi MB1

! Inscription en ligne obligatoire !

24/08 – Evénement festif à l’arrivée à Josse

Détails à venir

Pourquoi ce tour ?

– 29 JUIN 2023

Le Tribunal administratif de Paris a rendu un verdict historique dans le cadre du recours Justice pour le Vivant qui oppose 5 ONG environnementales à l’Etat et à Phyteis (le lobby de l’agrochimie en France). >>> La justice reconnaît pour la première fois l’existence d’un préjudice écologique résultant d’une contamination généralisée de l’eau, des sols et de l’air par les pesticides et de l’effondrement du vivant et la faute de l’Etat français dans cette situation. 

– 30 JUIN 2024

L’État avait jusqu’au 30 juin 2024 pour prendre toutes les mesures utiles pour respecter les objectifs des plans Ecophyto et protéger les eaux souterraines des effets des pesticides et de leur résidus. Mais, depuis sa condamnation, l’État a fait appel du jugement et refuse ouvertement d’exécuter la décision de justice. Avec les membres de BSNP, nous partons alors pour le 1er Agri Vélo Tour en aout 2024, pour médiatiser l’inexécution de la décision du tribunal et l’inaction de l’État.

12 NOVEMBRE 2024

Avec 4 autres associations, nous déposons un nouveau recours, en excès de pouvoir auprès du Conseil d’Etat, contre le plan Ecophyto 2030. En violation claire de la condamnation historique de l’Etat dans le dossier Justice Pour le Vivant, le plan Ecophyto 2030 acte un abandon de l’objectif de 50% de réduction de l’utilisation des pesticides. 

6 JUIN 2025 –

Audience en appel à la CAA de Paris Deux ans après la première condamnation de l’État, la rapporteure publique de la CAA a demandé aux juges de condamner l’État pour sa responsabilité dans l’effondrement de la biodiversité, et point historique, recommande d’ordonner à l’État d’actualiser les protocoles d’évaluation des pesticides jugés défaillants.

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Face à l’inaction désormais permanente de l’État français pour enrayer l’effondrement de la biodiversité et face à l’avancée des reculs environnementaux, nous repartons cette année en vélo pour :

1. INTERPELLER

sur la gravité pour les écosystèmes des régressions environnementales élaborées par l’État (ex. loi sur la simplification, PPL Duplomb, loi industrie verte, etc.)

2. ÉCHANGER

avec les agriculteurs sur la dépendance de notre système agri-alimentaire aux pesticides, et de leur place dans la société face au modèle libéral et productiviste

3. PROPOSER

des modifications concrètes du cadre juridique des pesticides et de la protection de l’environnement

Itinéraire – Pédaler avec nous ?

Chaque jour, nous parcourrons environ 80 km, parfois avec du dénivelé. Le soir, après avoir pédalé, une ferme nous ouvrira ses portes pour échanger sur ses pratiques agricoles et sa vision de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain. Nous dormirons ensuite sur place, en tente.

Nous vous invitons à nous rejoindre avec votre vélo pour une ou plusieurs étapes et à dormir dans une ferme. Pour cela, il est nécessaire d’avoir le matériel pour dormir dehors. Nous vous demandons également d’être autonome sur votre matériel vélo et pour vos repas.

!! Attention : certaines étapes sont ouvertes à tout.es et d’autres sont réservés aux plus expérimenté.es.

▼ J1 – 09/08 – La Grave > Grenoble

Étape ouverte à tou.tes – Route départementale de montagne relativement fréquentée, longue descente le long de la Romanche.

2 itinéraires possibles :

  • Difficile – par le Freney en Oisans, route en balcon splendide : 83km, 750d+, 2000d-
  • Facile – descente classique le long de la Romanche : 77km, 450d+, 1700d-

Conférence le soir, 19h, au Minimistan

! Nuit : en autonomie !


▼ J2 – 10/08 – Grenoble > St Marcellin

Étape ouverte à tou.tes – 63km, 450d+, 300d-

Nuit à la ferme – Arboriculture


▼ J3 – 11/08 – Saint Marcellin > St Julien en St Alban

Étape ouverte à tou.tes – 83km, 400d+, 600d-

  • 1er arrêt chez un arboriculteur à 15h : 75km, 300d+, 600d-
  • Fin de l’étape chez un viticulteur : 10km et 100d+ en plus

Nuit à la ferme


▼ J4 – 12/08 – Livron > Le Cheylard

Étape experte – 60km, 900d+, 310d-

Nuit à la ferme – Apiculture


▼ J5 – 13/08 – Le Cheylard > St Martin de Fugères

Étape experte – 60km, 1600d+, 1250d-

Nuit à la ferme – Maraîchage


▼ J6 – 14/08 – St Martin de Fugères > Monts de Randon

Étape experte – 72km, 1350d+, 1250d-

Nuit à la ferme – Élevage bovin laitier


▼ J7 – 15/08 – Monts de Randon > St Chély d’Aubrac

Étape experte – GRAVEL ! 57km, 800d+, 1060d-

Nuit en camping


J8 – 16/08 – JOUR DE PAUSE

Nuit en camping


▼ J9 – 17/08 – St Chély d’Aubrac > St-Parthem

Étape ouverte à tou.tes – 85km, 870d+, 1500d-

Nuit à la ferme – Agroforesterie et maraîchage


▼ J10 – 18/08 – St-Parthem > Cabrerets

Étape ouverte à tou.tes – 85km, 750d+, 810d-

Nuit en camping


J11 – 19/08 – JOUR DE PAUSE

Visite d’un éleveur ovin-caprin et nuit en camping


▼ J12 – 20/08 – Cabrerets > Caussade/Montauban

Étape ouverte à tou.tes – 55km, 600d+, 610d-

Nuit à la ferme


▼ J13 – 21/08 – Montauban > Toulouse

Étape ouverte à tou.tes – 75km, 120d+, 110d-

Conférence le soir, 17h, à Sciences Po Toulouse

! Nuit : en autonomie !


▼ J14 – 22/08 – Toulouse > Nord de Auch

Étape ouverte à tou.tes – 83km, 800d+, 800d-

Nuit à la ferme – Maraîchage


▼ J15 – 23/08 – Nord de Auch > Cazères sur l’Adour

Étape ouverte à tou.tes – 85km, 1100d+, 1100d-

Nuit à la ferme – Élevage porcin


▼ J16 – 24/08 – Cazères sur l’Adour > Josse/Hossegor

Étape ouverte à tou.tes – 94km, 400d+, 500d-

Nuit à la ferme – La Jardinothèque, Forêt comestible


Nous accueillir dans votre ferme ?

Nous souhaitons découvrir votre ferme, écouter son histoire et celle de ses habitants, mieux appréhender la réalité de votre métier, votre rapport à l’environnement. Nous aurons uniquement besoin d’un bout de terrain pour camper et d’un endroit pour nous laver et nous serons 10 au maximum.

Contact : biodiversitesousnospieds@gmail.com


Bande annonce de l’édition 2024 de l’Agri Vélo Tour

Relayer l’Agri Vélo Tour : presse et communication

Nous contacter : biodiversitesousnospieds@gmail.com

Détails

Organisateur

  • BSNP

[WEBINAIRE] Le combat contre les pesticides continue en appel #JPLV

mars 21, 2025 @ 08:00 17:00

📅 Rendez-vous la semaine prochaine, le mercredi 26 mars à 19h pour notre webinaire JusticePourLeVivant, à l’occasion de la SPAP (Semaines pour les alternatives aux pesticides) !

Retrouvez-nous pour ce webinaire en présence de :
👉 Alexandre Barraud de POLLINIS
👉 Adeline Paradeise, juriste de Notre Affaire à Tous
👉 Dorian Guinard, porte-parole de Biodiversité sous nos pieds

Ce webinaire sera l’occasion de faire le point sur notre recours Justice pour le Vivant et les perspectives à venir.

lien d’inscription 🔗 https://lnkd.in/etq4SJWp

ASPAS – Association pour la protection des animaux sauvages ANPER TOS

[Nouveau recours] Contre la stratégie Ecophyto 2030. Des associations contestent la légalité du plan devant le Conseil d’Etat

Communiqué de presse, Paris, 13 novembre 2024 Notre Affaire à Tous, Générations Futures, Biodiversité sous nos Pieds (BSNP) et l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) ont déposé un recours en excès de pouvoir auprès du Conseil d’Etat contre le plan Ecophyto 2030 jugé illégal. En violation claire de la condamnation historique de l’Etat dans le dossier Justice Pour le Vivant, le plan Ecophyto 2030 acte un abandon de l’objectif de 50% de réduction de l’utilisation des pesticides. 

Le 4ème plan Ecophyto, “Stratégie Ecophyto 2030”, publié par le précédent gouvernement en mai 2024, après l’échec des plans précédents (1) et sous la pression des syndicats agricoles majoritaires, a introduit plusieurs changements lourds de conséquences et inconstitutionnels. 

Le Plan Ecophyto II+ fixait un objectif de réduction de 50% d’utilisation des produits phytopharmaceutiques à l’horizon 2025 par rapport à 2015 sur la base de l’indicateur NODU. La Stratégie Ecophyto 2030 garde en apparence l’objectif de réduction de 50%. Cependant, les différences sont en réalité notables. L’indicateur NODU est abandonné au profit d’un autre indicateur très différent le HRI1, la période de référence est désormais fixée à une moyenne triennale 2011-2013 et l’échéance d’atteinte de l’objectif est de nouveau reportée à 2030. Enfin, le nouveau plan introduit un principe “Pas d’interdiction sans solution”. 

Un abandon de l’objectif de réduction, contraire à la condamnation de l’État en juin 2023

Alors que ce nouveau plan a une incidence notable sur l’environnement et la santé des agriculteurs et des citoyens, il n’a fait l’objet ni d’une évaluation environnementale par le gouvernement, ni d’une procédure de participation du public. 

Pourtant les analyses des associations et experts scientifiques sont sans appel. Un changement d’indicateur et de période de référence, revient en réalité à un changement d’objectif : cela signe concrètement un abandon de l’objectif de 50% de réduction de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques prévus dans les plans Ecophyto précédents. 

Dès lors, la Stratégie Ecophyto 2030 a été adoptée en contradiction flagrante avec les injonctions du jugement du tribunal administratif de Paris du 29 juin 2023 demandant de respecter les objectifs de réduction des pesticides prévus par les plans Ecophyto.  De plus, elle ne comporte pas de mesures appropriées de nature à protéger des eaux souterraines contre les incidences des produits phytopharmaceutiques également requis par le TA. 

“Pas d’interdiction sans solution”, un principe inconstitutionnel et irresponsable

Les différentes régressions de la Stratégie 2030, comme le changement d’indicateur, le recul de l’objectif de diminution des usages de produits phytopharmaceutiques, mais également l’introduction d’un nouveau principe « pas d’interdiction sans solution » viennent a minima conforter une utilisation des produits phytopharmaceutiques particulièrement nuisible pour l’environnement et la santé humaine. Elles portent ainsi atteinte au principe de précaution, de non-régression et aux droits des générations futures. Selon le Conseil constitutionnel, « le législateur doit veiller à ce que les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne compromettent pas la capacité des générations futures […] à satisfaire leurs propres besoins » (2).

En France, troisième pays européen en termes de nombre de produits phytopharmaceutiques autorisés, le coût environnemental, sanitaire et sociétal du recours massif aux pesticides de l’agriculture est élevé et n’est plus à démontrer :

  • La contamination de l’environnement par les pesticides est identifiée comme l’une des causes de l’effondrement de la biodiversité qui met en danger notre sécurité alimentaire.
  • Les études concernant l’impact des pesticides sur la santé des travailleurs et des riverains montrent l’existence de liens forts entre l’exposition aux pesticides et notamment des cancers et des maladies neurodégénératives (3). Le nombre de reconnaissances de maladie professionnelle pour des agriculteurs exposés est en croissance exponentielle.
  • En Europe, une étude du bureau d’étude indépendant Basic chiffre les coûts sociétaux attribuables à l’utilisation des pesticides de synthèse dans l’Union Européenne à 2,3 milliards d’euros en 2017. Toujours selon cette étude, les coûts sociétaux attribuables à l’utilisation des pesticides de synthèse en agriculture à l’échelle européenne sont 2,44 fois plus élevés que le bénéfice direct tiré des pesticides de synthèse par leurs fabricants. 

A l’heure où les agriculteurs se mobilisent, il est fondamental de rappeler qu’abandonner les réglementations environnementales ne résoudra en rien les problèmes des agriculteurs. Notre dépendance aux substances de synthèse met en péril notre sécurité alimentaire et pèse sur la viabilité des exploitations. En perpétuant leur usage dans le secteur agricole, le gouvernement compromet les efforts visant à promouvoir des modèles plus durables et moins coûteux d’un point de vue sanitaire et environnemental. »

déclarent les représentants des ONG requérantes.

Notes

(1) Cour des comptes, 27 septembre 2019; rapport du Conseil Général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), mars 2021.

(2) Conseil constitutionnel, 27 octobre 2023, n° 2023-1066 DC. Le Conseil Constitutionnel a par ailleurs affirmé que les objectifs de valeur constitutionnelle de protection de la santé et de l’environnement pouvaient justifier une atteinte à la liberté d’entreprendre (31 janv. 2020, no 2019-823 QPC).

(3) INSERM, « Pesticides et effets sur la santé » de 2013, actualisée en 2021.

Contacts presse

Marine Coynel, chargée de communication de Notre Affaire à Tous : marine.coynel@notreaffaireatous.org

Dorian Guinard, porte-parole de Biodiversité Sous Nos Piedsbiodiversitesousnospieds@gmail.com

François Veillerette, porte-parole de Générations Futures : francois@generations-futures.fr

Pesticides : un an de refus manifeste du gouvernement d’exécuter la décision de « Justice pour le Vivant »

Le 29 juin 2023, dans le cadre de Justice pour le Vivant, le tribunal administratif de Paris condamnait le gouvernement à prendre, avant le 30 juin 2024, toutes les mesures nécessaires pour réduire l’usage des pesticides en France et protéger les eaux souterraines du pays. La juridiction reconnaissait également le préjudice écologique résultant des pesticides et l’existence de failles significatives dans l’évaluation de leurs risques avant autorisation. Depuis sa condamnation, le gouvernement refuse ouvertement d’exécuter la décision de justice et n’a fait que reculer. Quel que soit le résultat du second tour des élections législatives, les ONG continueront leur action en justice pour veiller à ce que le prochain gouvernement agisse pour enrayer l’effondrement de la biodiversité.

Le 29 juin 2023, dans un jugement historique, le Tribunal administratif de Paris reconnaissait, pour la première fois, l’existence d’une contamination généralisée de l’environnement par les pesticides, causant un effondrement de la biodiversité .

Constatant également des failles dans les procédures d’évaluation et d’autorisation de mise sur le marché des pesticides, le tribunal condamnait le gouvernement à, d’ici au 30 juin 2024 :

  • Prendre toutes les mesures utiles pour respecter les objectifs de réduction des pesticides prévus par les plans Ecophyto ;
  • Protéger réellement , comme la loi l’oblige déjà, les eaux souterraines du territoire français des effets des pesticides et de leurs résidus

Si le gouvernement a fait appel de ce jugement, tout comme les cinq ONG qui cherchent à l’obliger à combler les failles de l’évaluation des risques, la condamnation doit être appliquée et l’État est donc tenu d’agir. Pendant les 12 mois qui ont suivi l’annonce de ce jugement, le gouvernement n’a pourtant rien fait, ni pour se plier au jugement, ni pour agir contre le préjudice écologique qui touche les citoyens français, pourtant reconnus.

« Depuis sa condamnation pour sa mauvaise gestion des pesticides il y a un an, le gouvernement n’a proposé que renoncement sur renoncement. En changeant l’indicateur principal du plan Ecophyto 2030, il abandonne les ambitions de réduction des plans précédents qu’il a pourtant été condamné à respecter. Sur la question de l’eau, il n’a rien fait non plus, alors que la pollution des eaux souterraines aux pesticides a des conséquences tant sur les écosystèmes que sur les collectivités »

dénoncent les associations, qui se réservent la possibilité de saisir le tribunal pour demander l’exécution du jugement.

Le changement d’indicateur prévu par le plan Ecophyto 2030 – du NODU à HRI1 – ne pourra pas servir à mesurer de diminution réelle de l’usage des pesticides. Il a pour seul objectif de permettre au gouvernement d’afficher un respect de ses engagements, sans entraîner de baisse effective, et sans enrayer l’effondrement de la biodiversité.


Bien qu’il n’ait pas été expressément condamné à le faire, le gouvernement aurait aussi pu combler les failles de l’évaluation des risques des pesticides, identifiées par les autorités compétentes et reconnues par le Tribunal – qui a également reconnu un lien de causalité directe avec le préjudice écologique. Il est de la responsabilité de l’État d’agir sur ce point comme le souligne un récent arrêt (C-308/22) de la Cour de Justice de l’Union européenne, selon lequel l’État ne peut se contenter d’une évaluation des risques qui ne tient pas compte « des données scientifiques disponibles les plus fiables ainsi que des résultats les plus récents de la recherche internationale ». La coalition Justice pour le vivant estime qu’il est temps que l’Etat remette la science au cœur de l’évaluation des risques des pesticides.


« Le nombre d’insectes volants a chuté de près de 80% en 30 ans, pendant que la quantité d’oiseaux des champs a baissé de 60% en Europe. Alors qu’il est urgent d’agir et qu’il a toutes les clés en main pour le faire, le gouvernement a choisi de reculer, et de privilégier les profits de l’agro-industrie au détriment du plus grand nombre. Une transition vers un modèle agroécologique ne se fera pas sans changements politiques profonds et un abandon de l’usage massif de pesticides. » expliquent les associations. « Quels que soient les résultats du 2d tour des élections législatives, les ONG de Justice pour le Vivant continueront leur action en justice pour obliger l’État à prendre ses responsabilités et agir contre l’effondrement de la biodiversité. »


Sources

Sur la pollution des eaux :

Service public d’information sur l’économie de l’eau : https://economie.eaufrance.fr/chiffres-cles/cout-minimal-quengendrerait-une-depollution-des-eaux-souterraines

Sur l’effondrement de la biodiversité : 

Agri’ Vélo Tour – 2024

août 17, 2024 @ 08:00 août 31, 2024 @ 17:00

1000 km pour interpeller le gouvernement sur l’impact des pesticides sur la biodiversité !

L’Agri Vélo Tour est une traversée de la France à vélo à la rencontre des agriculteurs et des agricultrices qui constituent la diversité et la richesse du monde agricole. Chaque soir, après avoir pédalé, une ferme nous ouvrira ses portes pour échanger sur ses pratiques agricoles et sa vision de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain. Nous vous invitons à nous rejoindre avec votre vélo pour une ou plusieurs étapes ! L’Agri Vélo Tour, c’est aussi des conférences tout au long du parcours pour partager nos rencontres et nos discussions avec vous !

Pourquoi ce tour ?

Le 29 juin 2023, le tribunal administratif de Paris a condamné l’État [recours Justice pour le vivant] : sa responsabilité a été engagée dans la contamination généralisée de l’environnement par les pesticides et l’effondrement du vivant qui en résulte. Le tribunal administratif lui donne jusqu’au 30 juin 2024 pour prendre toutes les mesures utiles pour respecter les objectifs de réduction des pesticides prévus par les plans Ecophyto et protéger les eaux souterraines des effets des pesticides et de leur résidus. Mais pour l’instant, l’État n’a pris aucune mesure allant dans le sens de l’exécution de la décision du tribunal.

Face à ce constat, l’objectif est triple :

  1. interpeller l’État sur l’inexécution de la décision du tribunal administratif ;
  2. échanger sur la dépendance aux pesticides et sur la pertinence des plans Ecophyto et de la PAC ;
  3. proposer des modifications concrètes du cadre juridique des pesticides.

L’itinéraire ?

Des évènements et conférences sur le trajet

  • 17/08 : Die – 19h à l’Espace social et culturel du Diois
  • 19/08 : Grenoble,  19h au Couvent des minimes
  • 21/08 : Lyon, 19h à la maison de l’environnement
  • 30/08 : Orsay, 19h30 à la Bouvèche
  • 31/08 : Paris, 18h-20h à l’Académie du Climat

Quelques images de l’édition 2024 !


Relayer l’agri’ vélo tour : presse et communication

Nous contacter : biodiversitesousnospieds@gmail.com

Photographe : Nicolas Exertier

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Organisateur

  • BSNP

Communiqué de presse / T3 de La Grave : recours citoyen contre le passage en force de la SATG

Alors même que la présence d’une espèce protégée rare a été constatée sur le site du projet de 3e tronçon du téléphérique de la Grave, la SATG est sur le point de lancer les travaux. Un passage en force que les associations de protection de l’environnement dénoncent et vont contrer par une nouvelle action en justice.

Rotations d’hélicoptères, présence sur le rognon rocheux, piétinement et destruction d’habitat naturel d’intérêt communautaire… Tout laisse à penser que la Société d’Aménagement Touristique de la Grave (SATG) lance les travaux d’implantation du troisième tronçon du téléphérique de La Grave, situé à 3300m sur le glacier de La Girose, avant le jugement sur le fond par le Tribunal Administratif de Marseille prévu en 2024.

Mountain Wilderness France, La Grave Autrement, la Société Alpine de Protection de la Nature – France Nature Environnement 05, FNE PACA, FNE AURA, la LPO PACA et Biodiversité sous nos pieds, déposent aujourd’hui un référé liberté visant la suspension immédiate des travaux menés par la SATG.

La révélation de la présence de l’Androsace du Dauphiné, espèce protégée au niveau national, sur le rognon rocheux par l’Office Français de la Biodiversité (OFB) et le laboratoire d’écologie alpine du CNRS (Univ. Grenoble Alpes, Univ. Savoie Mont-Blanc) a conduit nos associations à demander au Préfet des Hautes-Alpes, en conformité avec la loi sur les espèces protégées, de conditionner le démarrage des travaux à l’octroi d’une dérogation pour destruction d’espèces protégées. Celui-ci n’a plus que quelques jours pour répondre à notre demande ; sans attendre, la SATG veut passer en force et démarrer les travaux, ce qui provoquerait un risque caractérisé de destruction de l’Androsace et des dommages irréversibles sur cet environnement refuge pour d’autres espèces menacées par le changement climatique.

En parallèle de leurs actions devant les tribunaux, nos associations appellent tous les habitants et citoyens à se mobiliser pour faire stopper ces travaux, symbole de la poursuite déraisonnée d’un modèle aménagiste qui détruit notre écosystème depuis de trop nombreuses années. Alors que tous les voyants sont au rouge, pouvons-nous encore nous permettre ces projets obsolètes, coûteux, et profondément hors-sol ?

Il existe d’autres voies pour nos montagnes. À la Grave, un travail collectif pour un projet alternatif est en cours. Une alternative qui concilie montagne à vivre et montagne sauvage, qui permet de penser le territoire dans sa globalité, au-delà du “tout-tourisme”.


LES SIGNATAIRES

Conférence – L’encadrement juridique des pesticides : quelle protection pour la biodiversité ?

septembre 15, 2023 @ 19:15 21:00

Retour sur la décision du Tribunal administratif de Paris du 29 juin 2023 Justice pour le vivant condamnant l’Etat pour plusieurs préjudices écologiques.
  • Par Dorian Guinard, Maître de conférence en droit public à l’UGA-Sc Po Grenoble, membre de Biodiversité sous nos pieds.
  • Lieu : Muséum de Grenoble
  • Le 15 septembre à 19h15
Retrouvez les communiqués de presse sur la décision ici et sur les raisons qui poussent les 5 ONG à faire appel de cette décision ici.

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Organisateur

  • BSNP et le Muséum

Muséum de Grenoble

1 Rue Dolomieu
Grenoble, 38000
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Communiqué de presse / Justice pour le Vivant : les ONG font appel pour obliger l’État à agir

Les 5 ONG environnementales de Justice pour le Vivant ont fait appel d’une partie du jugement rendu par le tribunal administratif de Paris le 29 juin dernier, afin d’obliger l’État à combler les failles des méthodes d’évaluation des risques des pesticides, reconnues de manière historique dans le premier verdict. L’État, condamné à respecter les objectifs des plans Ecophyto et à mieux protéger ses eaux, a lui-même fait appel de la décision, s’enfermant dans un refus d’agir pour enrayer l’effondrement de la biodiversité.

Dans sa décision du 29 juin dans le cadre de Justice pour le Vivant, l’action menée par POLLINIS, Notre Affaire à Tous, Biodiversité sous nos pieds, ANPER-TOS et l’ASPAS, le tribunal administratif de Paris a reconnu pour la première fois l’existence d’un préjudice écologique résultant d’une contamination généralisée de l’eau, des sols et de l’air par les pesticides, ainsi que la faute de l’État français dans cette situation. Il a été condamné à prendre les mesures nécessaires pour respecter les objectifs des plans Ecophyto et pour protéger les eaux souterraines du pays.

Les failles des procédures d’évaluation et d’autorisation de mise sur le marché des pesticides ont également été reconnues par le tribunal, mais la juridiction n’a pas contraint l’État à agir sur ce point. Considérant que la révision du processus d’homologation des pesticides est la condition sine qua none d’une réduction systémique et urgente de l’utilisation des pesticides en France, les 5 ONG de Justice pour le Vivant ont fait appel de cette partie de la décision, en déposant une requête devant la cour administrative d’appel de Paris le 29 août 2023. Elles cherchent à obtenir un changement concret des méthodes d’évaluation des risques des pesticides, préalable indispensable pour enrayer l’effondrement de la biodiversité.

« Dans sa décision de juin, le tribunal pointe clairement du doigt les failles de l’évaluation des risques des pesticides et leurs conséquences délétères sur le Vivant. Plutôt que d’en tirer les conséquences évidentes, les Ministres s’enferment dans un refus d’agir en faisant appel. Face à l’extrême urgence de la situation, notre appel vise à empêcher l’État de perdre plus de temps dans la lutte contre l’effondrement de la biodiversité. »

expliquent les ONG.

Face à sa condamnation et à la reconnaissance historique de sa responsabilité dans l’effondrement de la biodiversité, l’État a lui aussi fait appel du jugement rendu.

L’appel n’étant pas suspensif, l’État doit toujours, d’ici le 30 juin 2024 :

  • Prendre toutes les mesures utiles pour respecter les objectifs de réduction des pesticides prévus par les plans Ecophyto ;
  • Protéger réellement, comme la loi l’y oblige déjà, les eaux souterraines du territoire français des effets des pesticides et de leur résidus.

« C’est une véritable fuite en avant : même lorsque la justice le met devant le fait accompli et le condamne, l’État s’enferme dans l’inaction. En refusant de revoir sa gestion des pesticides, il refuse de protéger ses citoyens et l’ensemble du Vivant sur le territoire français. »

dénoncent les ONG.

Dans le cadre de ces appels, Phyteis, qui était intervenu aux côtés de l’État et avait défendu les Ministères concernés, non représentés lors de l’audience, pourrait de nouveau demander à intervenir dans cette nouvelle étape du recours Justice pour le Vivant.